Montenoison

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Habitants : 130 Montenoisonnais

Montenoison se distingue par la présence, sur un territoire de 16,73 km² pour une population de 130 habitants, d’un site patrimonial et paysager de tout premier plan :
● Un château féodal des comtes de Nevers (XIIIe siècle), attribué à Mahaut de Courtenay, comtesse de Nevers, dont subsistent la croisée d’ogive d’une tour et les vestiges de deux tourelles attenantes, classé Monument Historique en 1929, classement étendu à l’ensemble du site de la butte en 1937 ;
● Une butte-témoin culminant à 417 mètres d’altitude, visible à plus de 30 kilomètres à la ronde, occupée depuis le Néolithique et située au croisement de deux voies romaines ;
● L’église Notre-Dame de l’Assomption, édifiée au XIIe siècle au sein d’un enclos paroissial sur la butte, dont le clocher du XVIe siècle et la cloche de 1623 sont inscrits au titre des Monuments historiques ;
● Une chapelle Saint-Jean-Baptiste, construite en 1929 dans la grange du presbytère, pour permettre aux paroissiens les plus âgés d’assister aux offices sans avoir à gravir la butte ;
● Des panoramas exceptionnels sur la vallée du Nivernais et les monts du Morvan, aménagé d’une table d’orientation, d’un calvaire et d’un sentier botanique ;
● Une première mention écrite remontant à 1097 (Castellum Montis Onesii), et un rôle historique de siège de l’une des grandes châtellenies du duché de Nevers.
Cette concentration, sur un site classé unique dans le massif des Bertranges, d’un château comtal, d’une église et d’un ensemble de points de vue remarquables constitue la première singularité de Montenoison.

Points remarquables

Le château des comtes de Nevers

Le château des comtes de Nevers domine le village depuis le sommet de la butte de Montenoison, à 417 mètres d’altitude. Édifié au XIIIe siècle et attribué à Mahaut de Courtenay, comtesse de Nevers, il fait de Montenoison l’une des grandes châtellenies du duché de Nevers. Mal entretenu par ses successeurs, le château est déjà ruiné à l’époque moderne.
Il n’en subsiste aujourd’hui que la croisée d’ogive d’une tour et les vestiges de deux tourelles attenantes, entourés de fossés concentriques et d’un talus, avec une porte fortifiée dont l’emplacement demeure identifiable à l’ouest du site. Le classement du château au titre des Monuments historiques, a été étendu à l’ensemble du site de la butte, incluant l’église et ses abords immédiats en 1937 ; une reconnaissance rare pour un site à la fois castral, religieux et paysager d’un seul tenant.

Vestiges château ©Mairie
Arche château ©R. Lardreau
Sceau de Mahaut de Courtenay ©Les Bertranges

L’église Notre-Dame de l’Assomption

Bâtie au XIIe siècle sur un plan rectangulaire (nef, porche, chœur), est édifiée juste à côté du château, au sein d’un enclos paroissial attenant au cimetière. Sa façade présente un portail roman daté des XIIe-XVIe siècles, ouvrant sur un clocher-porche remanié en 1682, 1855 et 1940. Le clocher carré, datant du XVIe siècle, ainsi que la grande cloche de 1623 (1 100 kg, fondue sous le parrainage du duc de Nevers Charles Ier de Gonzague et de Clèves), sont inscrits au titre des Monuments historiques depuis 1927.

L’édifice conserve également des fonts baptismaux du XVIe siècle, un maître-autel de la seconde moitié du XIXe siècle (sculpteur Guillemet) et une grande toile offerte par le prince de Chalais vers 1860. Une seconde cloche, offerte en 1868 en mémoire d’Emma de Périgord, comtesse Gabriel de Choiseul d’Aillecourt, a été refondue après avoir été fêlée par la foudre en 1932.

Église Notre-Dame ©Mairie

Paradoxalement, si la Butte fait en grande partie le charme de la commune, cette dernière fut aussi source de malheur pour Montenoison. Située en hauteur et isolée de toute barrière protectrice, elle fut particulièrement exposée aux phénomènes météorologiques. En 1851, une énorme tempête produisit des vents si violents qu’elle emporta des chênes et les firent se fracasser sur les maisons de Montenoison. Le presbytère fut touché, mais c’est l’église de la butte qui subit les plus gros dégâts. Sa voûte était tellement endommagée qu’elle menaçait de s’effondrer sur les fidèles, et les offices durent être interrompus le temps de la sécuriser. Au total, les coûts de réparation s’élevèrent à environ 10 000 francs dont presque 7 000 rien que pour l’église, une somme considérable pour l’époque et la petite commune de Montenoison.

Église Notre-Dame ©Mairie
Église Notre-Dame ©A. Levitte-Müller

La butte de Montenoison

Escaliers table d’orientation ©R. Lardreau
Table orientation ©Mairie

Montenoison s’inscrit au cœur du massif forestier des Bertranges, l’un des plus vastes massifs de chênes de France, qui structure fortement l’identité paysagère et économique du territoire.
La butte de Montenoison constitue l’élément naturel et paysager le plus emblématique de la commune : ce relief culminant à 417 mètres, visible à plus de trente kilomètres à la ronde, offre depuis son sommet deux panoramas remarquables sur la vallée du Nivernais et sur les monts du Morvan. Un sentier botanique permet la découverte de la flore du site, et des tables d’orientation, un calvaire ainsi que des tables de pique-nique complètent l’aménagement du sommet.

La Butte de Montenoison, aussi appelée « Le Cavalier », culmine à 417 mètres. C’est ce qu’on appelle une butte-témoin, c’est-à-dire l’unique « survivant » d’un massif plus grand qui a été érodé avec le temps. Ce qui explique l’isolement de la plupart des buttes-témoins par rapport à leur territoire.
Si on ne sait pas exactement quand les premiers hommes ont occupé la colline, nous avons retrouvé suffisamment d’éléments pour affirmer que le site était occupé par les hommes de l’Âge de pierre, puis de l’Âge de bronze, soit il y a plusieurs milliers d’années. À partir des IXe et VIIIe siècles avant J.C, la butte et le territoire proche sont habités par un peuple gaulois appelé « Boën ». Il est d’ailleurs probable que le mot Boïen ait évolué depuis pour nous donner le mot « Bouy », dont il compose le nom du village proche « Arzembouy » dérivé « d’Arx en Bouy », signifiant littéralement le Fort Boïen. Arzembouy est une commune des Bertranges situé à quelques minutes de Montenoison.

Les Romains, installés en Gaulle à partir du Ier siècle avant JC, ont construit une importante voie romaine reliant Augustodunum (Autun) à Interanum (Entrains-sur-Nohain) et qui passait à proximité de Montenoison. Ils avaient très vite vu l’intérêt présenté par cette colline pour ses avantages stratégiques, et l’ont donc également occupé. Il faut cependant attendre le Moyen Âge pour connaître l’apogée de l’utilisation défensive de la butte. Au XIIIe siècle est érigé le château des comtes de Nevers, dotée de multiples tours et de murailles épaisses. Il tombe en ruine au XVIIIe siècle, et aujourd’hui seule une croisée d’ogive a subsisté de l’impressionnant édifice. Avec sa disparition, la colline a définitivement perdu son usage militaire et est aujourd’hui un site de promenade pour les amateurs de points de vue. Le sommet de la butte offre un cadre de balade idyllique.

Butte de Montenoison ©A. Levitte-Müller

Banc ©A. Levitte-Müller

La Chapelle Saint-Jean-Baptiste

La Chapelle Saint-Jean-Baptiste ©Mairie

La chapelle Saint-Jean-Baptiste, édifiée à la fin des années 1920 dans les dépendances du presbytère et agrandie en 1934, permettait aux habitants les plus âgés d’assister aux offices sans avoir à gravir les 417 mètres de dénivelé menant à l’église de la butte.

Des ruisselets

Lavoir de Fontaineville ©R. Lardreau

La commune de Montenoison fut autrefois bercée par les cours d’eau. De nombreux ruisselets la traversaient, ce qui avait permis le développement de plusieurs activités économiques désormais disparues. Par exemple, le ruisseau de Fontaineville (aujourd’hui asséché) serpentait dans Montenoison et formait un lac, dont seule la digue a subsisté.

Puits hameau de Noison ©Nièvre Passion

La légende raconte que malgré la petite taille de ce lac, il fournissait à Charles le Téméraire (duc de Bourgogne au XVe siècle) une multitude de poissons. Ce point d’eau alimentait également un moulin à foulon, dont le principe de foulage permettait de resserrer les tissus et de les rendre plus souples.
Le moulin est détruit depuis plusieurs siècles mais témoigne d’une activité de la laine aux alentours de Montenoison.

Sentier botanique ©R. Lardreau
Vestiges courtine ©Mairie
Calvaire vue ©R. Lardreau

À vivre

  • Village d’artistes : plusieurs sculpteurs, photographes et de nombreux artistes peintres vivent à Montenoison : Claire Basler, artiste peintre de renommée internationale, et d’autres artistes tels que Christine Schwab, Elise Laudet, Florence Ménard, Martine Bertani, Olivier Beck, Gisèle Lallemand, Marie-Noël Triest, Sonia Torreguitart, Linda Crawford ou encore Laurens Caruana. Cette vitalité artistique est mise en récit à travers des fiches de valorisation et de promotion réalisées pour chaque artiste.
  • Le festival de la Butte organisé en juillet. Cet événement, installé en haut de la butte propose une programmation musicale éclectique ainsi qu’une course d’objets roulants non identifiés.
  • La Butte en folie est une grande fête populaire annuelle organisée en septembre. Elle réunit une exposition de véhicules anciens, un concert, des animations pour tous les publics, ainsi qu’une restauration et une buvette sur place.

À faire

  • Le Circuit des trois châteaux relie les communes d’Oulon, Giry, Arthel et Montenoison, mettant en réseau les sites castraux et patrimoniaux de ce secteur des Bertranges. En reliant le château comtal de la butte de Montenoison aux châteaux voisins d’Arthel, cet itinéraire donne corps, à l’échelle du randonneur, à la cohérence territoriale et historique.
  • Un circuit pédestre au départ du bourg, qui dessert les trois principaux points d’intérêt de la commune (la butte, l’église Notre-Dame et la chapelle Saint-Jean-Baptiste), ainsi que deux boucles cyclables reliant Montenoison à Champlemy et Oulon d’une part, à Prémery d’autre part. Les villages voisins de Moussy (4,5 km), Oulon (3,2 km) et Arthel (4,9 km) sont accessibles depuis ce réseau de circuits.
  • La butte de Montenoison est également, chaque année début avril, le point d’arrivée traditionnel de la randonnée pédestre Nevers-Montenoison. Cette manifestation, propose plusieurs itinéraires au choix, du grand parcours de 55 km au départ de Nevers jusqu’à de courtes boucles de 5 ou 9 km au départ de Montenoison même, en passant par des points de départ intermédiaires à Montigny, Saint-Sulpice, Nolay ou Prémery. À l’arrivée sur la butte, un marché du terroir réunissant producteurs et artisans locaux accueille les randonneurs, qui peuvent également s’y restaurer.