Habitants : 90 Artélois
Une densité patrimoniale remarquable
Arthel se distingue par la concentration, sur un territoire de seulement 773 hectares et pour une population de 90 habitants, d’éléments patrimoniaux particulièrement remarquables :
• Deux châteaux protégés au titre des monuments historiques : le château de la Motte, ancienne motte féodale et lieu de naissance de Saint Guillaume, archevêque de Bourges (1130-1209), et le château d’Arthel, demeure remaniée au XVIIIe siècle par François Guynet, conseiller du roi, classée monument historique en 1984 ;
• Un village classé « site inscrit », organisé autour de ruelles fleuries, de maisons anciennes, de vieux moulins ; de vieux puits et de plusieurs lavoirs alimentés par la source de Grand Font ;
• Un étang de deux hectares, vestige direct de l’activité du flottage du bois qui reliait, du XVIIIe au XIXe siècle, le massif des Bertranges au port de Clamecy puis à Paris — une mémoire industrielle et fluviale rare à l’échelle d’un village aussi petit ;
• Une première mention écrite remontant à 849 (Villa Artado), et une continuité historique documentée sur plus de onze siècles. ;
• Un environnement naturel préservé, au cœur du massif forestier des Bertranges, l’un des plus beaux et des plus vastes massifs de chênes de France.
Cette densité patrimoniale, rapportée à la taille démographique de la commune, constitue la première singularité d’Arthel : peu de communes de moins de 100 habitants en Bourgogne-Franche-Comté réunissent une telle diversité de patrimoine sur son territoire.
Points remarquables

Le Château d’Arthel

Le château d’Arthel domine le village depuis un promontoire rocheux, à proximité de l’église. Bâti sur l’emplacement d’un ancien château fort, entouré d’un carré de douves sèches, il a été intégralement remanié au XVIIIe siècle par François Guynet, conseiller du roi Louis XIV pour devenir l’élégante demeure que l’on découvre aujourd’hui. Surplombant l’étang de la commune, cette demeure prend place à l’endroit même d’une ancienne maison forte médiévale. De la précédente bâtisse restent les deux tours flanquées contre la façade du corps de logis principal. Il figure comme une demeure de vie où nulle fortification liée à une volonté de défense – ou d’attaque – ne semble avoir été anticipée. Ce château est souvent nommé, à tort, château « d’Apremont ». Nous ne connaissons pas exactement l’origine de cette appellation, mais il semblerait qu’elle soit apparue à la suite d’un achat d’une partie de la seigneurie au XVIIe siècle par la famille Boutillat ayant fait élever le château d’Apremont-sur-Allier, dans le Cher.
La famille de Brondeau a joué un rôle essentiel dans la préservation et la restauration du château. Animés par une passion pour le patrimoine et un attachement sincère à ce lieu, ses membres ont entrepris d’importants travaux afin de redonner au bâtiment son éclat d’antan, tout en respectant son authenticité. Leur démarche ne s’est pas limitée à une simple rénovation esthétique : elle s’inscrit dans une volonté de transmission, visant à faire perdurer l’histoire et l’âme du château à travers les générations. Les éléments de l’édifice sont classés puis inscrits monument historique depuis 1984. Cette restauration, menée avec soin et sensibilité, témoigne d’un profond respect pour l’histoire familiale et locale. Le château devient ainsi bien plus qu’un monument : il est le reflet d’une mémoire vivante, entretenue et valorisée par ceux qui en ont hérité.
Le château de la Motte

Le château de la Motte constitue le second édifice patrimonial majeur de la commune. C’est en ce lieu que naquit, entre 1130 et 1209, Guillaume d’Arthel, devenu primat d’Aquitaine et 67e archevêque de Bourges sous le nom de Saint-Guillaume, où il poursuivit la construction de la cathédrale. Une chapelle a été érigée en son honneur dans une annexe du château, abritant un autel et un vitrail qui lui sont dédiés.
Cette ancienne maison forte a été édifiée par les comtes de Nevers, propriétaires des lieux, au XIIe siècle. Sa situation haute permettait de guetter les différents passages sur la voie romaine qui traverse Arthel. Au XVe siècle, le premier château est édifié en remplacement de la maison forte. Plusieurs familles s’y succèdent, notamment une certaine famille d’Arthe, ou d’Arthel, quelques seigneurs puis la famille dite de Paris qui l’occupe pendant près de deux siècles.
En 1693, François Guynet – avocat au parlement de Paris – rachète la forteresse pour 20 000 livres (soit un peu plus de 500 000€ de nos jours). Ce dernier fait construire, à son tour, un autre château non loin de la motte (actuel Château d’Arthel). Le château de la Motte subit de nombreuses modifications et perd peu à peu de son architecture défensive pour laisser place à de nouveaux corps de logis au XVIIe siècle. Au XIXe siècle, la forteresse devient une exploitation agricole.La propriété appartient aujourd’hui à Monsieur Ragetly, qui a mené depuis les années 80 un immense travail de restauration sur les bâtiments. En effet, lors de son rachat, le Château est pratiquement en ruine, notamment les tours et le donjon qui sont entièrement reconstruits pour la plupart.
Le château de la Motte est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques en 1985. Les propriétaires des deux châteaux ouvrent régulièrement les châteaux au public, notamment lors des Journées Européennes du Patrimoine et pendant la saison estivale.

L’église Saint-Laurent

Au Moyen Âge, une première église est construite à Arthel à une date inconnue. Elle appartenait au domaine seigneurial et son clocher, orienté vers l’Ouest, protégeait de façon spirituelle et servait de paratonnerre au Château. La disposition du bâtiment était alors tout à fait normale, le chœur se trouvant à l’Est.
En 1868, les habitants votent en faveur de la construction d’une nouvelle église, car l’édifice médiéval est jugé en trop mauvais état ; le 22 juin 1881, l’église Saint-Laurent est ainsi consacrée sur les bases des fondations anciennes. Il est cependant décidé d’inverser le plan de l’église afn de protéger l’ensemble du village et non plus pour le château uniquement ; ce qui explique l’orientation inhabituelle du chœur vers l’Ouest. Le bâtiment a été entièrement restauré et est en parfait état ; plus récemment, le perron a également été restauré. Dès 1877, un double perron monumental est ajouté à l’entrée, réalisé par le maître d’œuvre Etienne Pouiffaut, de Prémery : l’élégant escalier à volutes qui caractérise aujourd’hui la façade. L’église conserve également des vitraux de qualité, restaurés en 2010 avec le soutien de la Fondation du patrimoine.
Après plus d’un siècle d’usage, ce parvis présente des marches usées et des maçonneries fragilisées. La commune a engagé sa restauration complète : un tailleur de pierre a été missionné pour retailler le limon et les marches les plus abîmées, en conservant autant que possible les pierres d’origine, et pour restaurer les pierres de l’ancienne crypte ; les arches ainsi restaurées ont été reposées par des maçons ; la rampe et sa grille en ferronnerie ont été décapées et repeintes par un ferronnier ; enfin, le monument aux morts qui se dresse devant l’édifice a été restauré et déplacé.
Le colombier
Au Moyen Âge, l’utilisation d’un colombier est un privilège strictement réservé au seigneur des lieux qui symbolise l’importance de son domaine et sa puissance.

Cet édifice, comme les dépendances du Château, est construit vers le milieu du XVIIIe siècle.
L’Étang
L’étang d’Arthel constitue l’élément naturel et patrimonial le plus emblématique de la commune. Ce plan d’eau de deux hectares, alimenté par la source de Grand Font, est un vestige direct de l’activité du flottage du bois : aménagé à la fin du XVIIe siècle, il permettait de créer, par lâcher d’eau, une crue artificielle destinée à acheminer les bûches coupées dans le massif des Bertranges jusqu’au port de Clamecy, puis jusqu’à Paris. Le village d’Arthel est situé à la limite du partage des eaux, ce qui permettait aux communes environnantes de valoriser leur bois en les menant sur Paris. Il constitue ainsi un témoignage rare et bien conservé d’une activité économique et fluviale majeure de l’ancien Nivernais.
Aujourd’hui, l’étang d’Arthel, dominé par les silhouettes du château de la Motte et du château d’Arthel, offre un cadre paysager très prisé des pêcheurs — la pêche y est autorisée pour tout titulaire d’une carte de pêche fédérale annuelle — ainsi que des peintres et promeneurs, qui trouvent dans ce site un point de vue remarquable sur l’ensemble du village.

L’étang d’Arthel, d’une superficie de deux hectares, est un vestige du flottage du bois (XVIIIe–XIXe siècles), activité qui reliait le massif des Bertranges à Clamecy, puis à Paris. Il est aujourd’hui un site classé en Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et intégré au réseau Natura 2000. Le massif forestier des Bertranges (10 000 hectares), l’un des plus vastes massifs de chênes de France, abrite une faune et une flore remarquables : cigognes noires, pics noirs, loutres, orchidées et lys martagon. L’étang est un lieu de promenade très prisée par les touristes, qui viennent profiter des nombreux points de vue remarquable qu’il offre.







À faire
- Visite château d’Arthel en saison estivale ou sur réservation sur le lien suivant : https://www.messortiesculture.com/visites-guidees/chateau-darthel
- Randonnée : la boucle de l’étang (3,5 km, facile), passe par le château de la Motte et le lavoir de Grand Font. Elle emprunte la route romaine et permet de revenir vers le centre Bourg en passant devant les grilles du Château d’Arthel et l’église Saint-Laurent.

À vivre
- Assister à un concert de jazz à la Grange de l’Oiseau bleu.
- Visiter le Centre artistique d’Arthel dans l’Ouvroir Sainte-Marie.
- Participer à « l’Apéro Biodiv » organisé fin juillet : balade autour de l’étang sous forme de visite guidée racontant l’histoire de la commune et de son patrimoine, puis un moment festif avec dégustation de vins et produits locaux.
- Pour le jeune public, un livret-jeu propose une visite chronologique, suivant des points d’intérêts balisés. À la fin du parcours, un mot mystère doit être complété à l’aide d’indices donnés dans chaque mini jeu.